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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 00:47

Le commentaire sur feu rouge (Maroc) m’a fait rappeler quelque chose.

Une nuit, il y a quelques années, en France, à 3h du mat à peu près, je me retrouve face à face avec un feu rouge. Bête et discipliné, je m’arrête, sans réfléchir.

Le feu se fait attendre. Et inévitablement mon cerveau se met en branle.

Je suis là, rues désertes, vue dégagée, je ne bouge pas. Et puis ma main s’agite, je passe la première, mon pied droit enfonce légèrement l’accélérateur. Mais mon pied gauche ne bouge pas, il pèse de tout son poids sur l’embrayage.

En moi c’est la lutte intérieure. Le débat fait rage !

Qu’est-ce qui me retiens ? Ce vulgaire feu rouge? Ce poteau métallique et tordu ? Cette petite ampoule de 100 watt ? Cette toute petite ampoule même pas rouge cachée derrière son verre teinté ? Un bout de filament surchauffé qui ne doit de ne pas fondre qu’au gaz dans lequel il est emprisonné ? Misérable filament !

Et moi je suis là, 100 kilos de volonté. Des années passées à essayer de me libérer du poids de mon éducation, de ma culpabilité permanente. A essayer de ne plus être ce petit garçon sans confiance et paralysé devant l’autorité, la loi.

Et me voilà arrêté là. Il n’y a aucun danger de se faire attraper par la police, c’est sûr. Mais surtout il n’y a aucune chance de risquer un accident…

Qui a gagné ce combat acharné ? Pas le filament ! Non pas le filament… mais bien le système qu’il représente, les règles, la loi !!! J’ai attendu jusque la sentence tombe : le feu est passé au vert.

Et puis bon, à quoi bon, si une révolution doit être faire ce n’est certainement pas face à un misérable feu, à quoi bon ? Pathétique comme révolte non ? Un acte héroïque au milieu de la nuit… J’ai grillé un feu !!!!! Yees ! Non vraiment à quoi bon…

J’avais déjà tenté la révolte un jour. Un jour au fond du bus du ramassage scolaire, moi adolescent si sage, j’avais regardé la dame dans la voiture derrière nous et dans un acte de révolte lui avais montré mon majeur tendu : mon premier doigt d’honneur. Elle avait alors pris un air dépité et levé les yeux au ciel. Là face à elle, déjà bloqué par un maudit feu rouge j’avais rangé mon doigt tout penaud ! Quelle triste expérience !!

Aujourd’hui je suis dans un pays si peu civique où le bordel règne encore. C’est sans doute pour me déciviliser un peu, pour me libérer un peu, faire preuve de désobéissance !!!

La prochaine fois c’est sûr ! Je le grille ce feu!!!

Misérable filament…

Par Zomo
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 23:56

 

Le feu rouge au Maroc est très révélateur!
Quand le feu devient rouge, les gens rageurs s'arrêtent ; certes, il y a toujours le risque qu'un policier soit embusqué quelque part!!!
Mais, bien sûr, ils avancent le plus possible pour gagner quelques mètres… quelques secondes? Pour gagner quoi, même si on ne sait pas toujours quoi!
Il ne faut pas laisser trop d'espace à droite ou à gauche sous peine de voir une troisième file être créée  par ceux pressés qui viennent se mettre devant vous!
Mais le plus drôle est que, quand le feu passe au vert, vous restez bloqué. Car, trop avancés, ils ne veulent pas se contorsionner pour voir le feu au-dessus de leur tête. Et puis, somme toute, ils sont premiers ! Alors, plus d'inquiétude, plus d'urgence ! Ils  restent donc là jusqu'à ce que les klaxons retentissent.
Par contre, si par mégarde vous vous retrouvez à la première place, soyez vigilant ! Car une demi-seconde après le passage au vert il y a déjà deux ou trois voitures qui vous klaxonnent pour que vous démarriez plus vite!
Après m’être beaucoup énervé derrière mon petit volant, j'en suis venu à l'idée que c'était une simple pratique sociale et que l'avertisseur sonore retrouvait ici son but premier : avertir celui de devant que le feu est vert.
J'ai donc cessé, une fois devant, de faire chauffer mon moteur, le pied sur l'embrayage, tentant de démarrer comme au départ d'un grand prix F1 avant que le premier klaxon ne retentisse.
Maintenant, je papote ou je rêvasse, attendant d'être…averti!!!

Par Zomo
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 23:13
J'ai (encore) lu un article très intéressant qui regroupe plusieurs points dont j'ai déjà parlés. J'ai donc trouvé intéressant de vous en faire part :
"Au début des années 1970, l'Occident passe en effet d'une société traditionnelle où l'individu n'existait guère que par le groupe et où les générations étaient interdépendantes, à la société moderne, marquée par l'existence du "sujet". C'est alors qu'apparaît un couple fait de deux sujets désirants, autonomes des ascendants, mais aussi des descendants, s'il veulent connaître une réelle dimension érotique. Les liens sociaux entre les conjoints sont désormais plus faibles, et la nouvelle indépendance financière des femmes leur permet une alternative de vie lorsque le lien conjugal est cassé."
Voici sans doute une réponse à mes questions sur l'apparition de tous ces "problèmes" existentiels.
Une amie me disait que c'était à cause des conditions économiques et sociales, que nos grand parents ont connu la guere ou la sortie de guerre, que les soucis matériels ne laissaient pas le temps pour penser à ses "petits" problèmes.
Je pense pour ma part que c'est un facteur, que c'est grâce à l'amélioration de nos conditions de vie que l'on est passé à une société où l'on est devenu "sujet".
La notion d'autonomie vis à vis des parents et enfants me renvoie aussi à mes textes sur le Maroc où la société est en pleine mutation et où les deux systèmes cohabitent. C'est ce que j'appelais système communautaire. Cette autonomie me semble cruciale, peut-être certaines "maladresses" de nos parents viennent de là, premiers à devenir autonome vis à vis de leurs enfants, ils ont forcément fait des erreurs.
Malgré tout je trouve cetet évolution positive même si elle n'est pas simple à vivre, elle amène je pense  à une meilleure connaissance de soi, à un équilibre, un accomplissement personnel.
J'ai bien aimé une expression à propos de ceux qui ont connu des traumatismes, qui sont passés par des dépressions où autres moments difficiles, elel disait de ces gens qu'ils sont des "experts de la vie". Je le pense en effet, c'est pourquoi je préfère continuer à me prendre la tête plutôt que vivre dans le déni!! En attendant de me trouver moi même en tout cas!
Par Zomo
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 01:07

J’ai vu une émission à la télévision. Une discussion entre Tarik Ramadan et Eric Zemmour. Le sujet était « l’immigration en France ».

http://www.dailymotion.com/relevance/search/zemmour+tarik/video/xamc8s_tarik-ramadan-vs-zemmour-naulleau-1_news

Plutôt que de débattre sur : « Qui a raison et qui a tord ? » ou « Qui a le mieux parlé ? », je préfère réfléchir aux deux points de vue défendus.

La France doit-elle être communautariste ou faire de l’assimilation?

Un pays a deux options, soit les communautés étrangères vivent regroupées  et gardent leurs traditions et coutumes, n’apprenant parfois pas la langue du pays, soit les nouveaux venus sont intégrés, ils prennent les codes et habitudes du pays d’accueil.

Les étrangers doivent-ils se fondre dans la masse et devenir français, perdre de leur identité donc et n’apporter à notre culture que d’agréables nuances ? Apprendre à parler français, respecter les symboles de la France et sa démocratie, sont pour moi nécessaires. Il est vrai que j’aime cette France multiple, des français de toutes les couleurs, et j’aime surtout le fait que nous ne vivons pas « à côté » mais bien « ensemble », que nous nous parlons, nous connaissons, sortons ensemble et plus si affinité. Pas de Chinatown réellement en France, ni de quartier Musulman comme aux États-Unis par exemple. Cela permet le métissage, la découverte de l’autre, de l’ouverture et donc du positif à mon avis. Les sociologues sont clairs là-dessus, la peur de l’autre c’est la peur de l’étrange, de l’inconnu et c’est en se côtoyant plus, en se connaissant mieux que les préjugés s’amenuisent.

Les choses peuvent paraîtres simples. Que faire quand la religion privée demande des actes dans le public comme le port du voile ? Prenons le cas de l’école. Je suis d’avis qu’elle doit être un lieu neutre et permettre ainsi d’apprendre la tolérance et le respect. Mais elle apprend aussi le respect des libertés individuelles. Or, si le port du voile est un choix libre et fait en pleine connaissance de cause, l’école peut-elle s’y opposer ?

Je ne parle pas ici du choix du port du voile ni n’émet d’avis à ce sujet et à ce qu’il peut sous-tendre comme conceptions ou idéologies, mais du respect de ce choix.

On dit du voile qu’il est ostentatoire. C’est à dire qu’il est mis en valeur de façon excessive, indiscrète. En même temps a-t-on besoin de cela pour savoir que les enfants d’algériens ou de marocains sont musulmans ? Cela empêche-t-il l’apprentissage du respect et de la tolérance ? En quoi le port du voile empêcherait-il de mieux se connaître puisque c’est là, il me semble, l’essentiel ?

Le problème se pose pour l’enseignant par contre. Il doit rester neutre car il est un exemple et un référent. La religion doit être enseignée à l’école, comme un fait historique, non pas comme une vérité. Connaître et comprendre les fondements religieux et donc culturels de l’autre permet l’ouverture et l’échange. Cela requiert un enseignant qui sache mettre de côté ses convictions personnelles. Enseigner en portant le un voile me semble alors difficile. Et cela pour l’ensemble des matières enseignées de toute façon il me semble. Enseigner religions et théorie de l’évolution ne me semble pas contradictoire.

J’ai déjà été confronté de près à ce problème et j’avoue ne pas avoir les idées claires à ce sujet.

L’acceptation du voile dans la rue est-il la porte ouverte au communautarisme ou la preuve de l’acceptation et de l’intégration de ces différences à notre culture. Car il est un fait que permis ou interdit, les musulmanes voulant se voiler sont là.

La peur est souvent d’ouvrir la porte à d’autres choses. Aux idées politiques véhiculées derrière le port du voile, aux risques du terrorisme, à des concepts anti-démocratiques. Je crois à l’inverse que l’intégration des musulmans en France est la solution. La majorité des musulmans ne sont pas des terroristes en latence, et je pense que c’est au contraire d’eux que pourrait venir une évolution positive de l’Islam. J’ai plus peur de l’ouverture d’écoles musulmanes ou judaïques  dans ce domaine qui sont pour moi plus preuve d’un communautarisme. Elles sont la preuve d’un véritable enfermement, d’une rupture. Et c’est je pense le berceau du racisme et de tout ce qui en découle de négatif.

Comment concilier donc assimilation et respect des différences ? Comment leur permettre d’être françaises et voilées ? Comment aménager notre espace commun ?

Je ne conçois pas la laïcité comme opposée aux religions. Là encore comme il était dit, la laïcité n’est pas unique (un peu comme l’Islam et la Chrétienté d’ailleurs). Il n’y a pas de laïcité mais des défenseurs de la laïcité.  C’est un concept vivant qui évolue avec le temps. Mais quelle orientation va-t-elle prendre ?

La France peut créer sa nouvelle laïcité en tenant compte de sa diversité et non pas en restant sur d’anciennes valeurs figées.

Par Zomo
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 01:54

Il m’arrive souvent de parler avec les gens de leurs problèmes personnels, de leurs questions. Il m’arrive aussi souvent de parler des miens (plus que souvent ironiseront certains ?) et d’y penser (la plupart du temps).

Je me demande si nous avons plus de « problèmes » que nos parents ou si nous en parlons  plus, si nous nous osons  nous faire plus « aider » qu’eux. Il me semble que nos parents n’avaient  pas les même problèmes existentiels que nous et ne se posaient pas les même questions  : peur de se marier, peur de s’engager, peur d’avoir des enfants, questions incessantes sur l’envie ou non d’être en couple ou célibataire, l’impression de ne pas vivre pleinement sa vie, la peur d’être « emprisonné » par sa situation, problèmes de culpabilité, angoisses, dépressions ou états dépressifs.

Il est vrai que le « phénomène psy »est récent. Aujourd’hui beaucoup plus de gens vont consulter les psychologues, psychothérapeutes, psychanalystes et psychiatres. Avant on pensait que seuls les « fous » y allaient.

J’ai lu dans un article que d’après des études, la demande de soins en psychologie et en psychiatrie a augmentée ainsi que la consommation de psychotropes.

Cela correspond-il à une réelle augmentation des troubles ou à une demande plus élevée, liée à une meilleure acceptation du fait psychiatrique et psychologique ? Au regard des études, la fréquence des maladies est restée stable. Ce serait donc la demande qui a augmentée. L’auteur parle ici de pathologies, ce qui n’est pas réellement notre sujet, mais je pense que c’est la même chose pour les moindres maux.

Quelle est la limite entre un mal-être et une pathologie ? Elle dépend déjà de sa propre perception de ce qui est anormal, de sa tolérance à l’angoisse ou à la souffrance psychique, de la gène encourue ou ressentie dans sa vie quotidienne.

Pourquoi nos parents ne me donnent donc pas l’impression de se poser de questions ? Pressions sociales trop lourdes, résignation ou acceptation ?

Il est vrai aussi que nous sommes la première génération à avoir connu des divorces : soit directement soit dans notre entourage. Je parle plus particulièrement des problèmes de fonder une famille et ce qui s’en suit. Il est vrai que si on se marie pour fonder une famille, les attentes ne sont pas les mêmes que si l’on se marie par amour. Et la famille nous semble une prison où nos parents se sont enlisés ou d’où ils ont fuit.

Mais je reviens à une idée plus large, on reproche souvent à nos parents d’avoir été trop loin, trop étouffants, trop distants, trop sévères, trop castrateurs, on leur reproche milles choses. Pourquoi avons-nous l’impression qu’eux ne le reprochaient pas aux leurs. Pourquoi les mêmes actes ne semblent pas avoir eu les mêmes effets ?

Pour finir je me demande si le recours massif aux psychothérapies peut être considéré comme un progrès ? L’élargissement du fait psychologique, l’augmentation de publications ?

Tout cela semble être un progrès pour aider à un meilleur épanouissement personnel, à être moins dans le déni. Mais n’est-ce pas aussi cela qui a participé à cette apparente augmentation des maux ? Ces pratiques ne peuvent-elles pas être envisagées comme les signes d’un repli sur soi et d’une individualisation forcenée de nos sociétés occidentales ?

J’espère que les commentaires vont pleuvoir !!! Merci de m'avoir lu

Par Zomo
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